@T'POL Enerpresse est un quotidien d'information sur l'énergie ( voir par google).
L'évolution climatique en cours est pour l'instant très lente. C'est ce qui la rend difficile a observer pour ceux, la très grande majorité d'entre nous, qui ne passent pas leur temps à suivre avec des instruments précis l'évolution de la température sous abri ou de la pluviométrie à l'aide d'une station météo installée dans leur jardin. Et cela d'autant plus qu'il existe une grande variabilité d'une année sur l'autre, qui masque cette évolution. Chaque fois que l'on a un hiver un peu froid, comme actuellement, on a bien du mal à croire que la Terre se réchauffe. Et bien sûr,quand on a une canicule comme celle de 2003, on se dit que c'est vraiment vrai! Pourtant, précisément à l'échelle d'une vie humaine, "les anciens" se rappellent que les hivers étaient en moyenne plus froids que maintenant, que les glaciers de montagne descendaient plus bas, et que les vendanges étaient plus tardives. Il vaut mieux cependant faire confiance aux services météos et aux spécialistes du climat, qui nous disent que l' évolution de la température moyenne au niveau du sol est indiscutable: Cette température a augmenté d'un degré en moyenne mondiale depuis 1860, mais elle n'a pas augmenté régulièrement: Sans grand changement jusqu'en 1920, elle a augmenté rapidement de 1920 à 1940, s'est plus ou moins stabilisée de 1940 à 1980, et a augmenté à nouveau rapidement depuis.
L'augmentation est d'autant plus importante que l'on se rapproche des pôles. Le réchauffement a été par exemple un peu plus élevé en France que la moyenne mondiale. Mais les situations locales sont contrastées: certaines zones se sont moins réchauffées que d'autres, et parfois même refroidies. Ce n'est que lorsque qu'on dispose du tableau d'ensemble établi par les météorologues que l'on peut juger de la situation.
Les climatologues ont aussi montré de manière indiscutable que la teneur en gaz carbonique de l'atmosphère a augmenté, de manière très régulière cette fois-ci,de 280 ppmv ( parties pour millions en volume), soit 0,028% en volume en 1860 à 385 ppmv aujourd'hui. Ces teneurs peuvent paraître ridiculement faibles aux non-spécialistes, mais elle est suffisante, parce que le gaz carbonique est un gaz à effet de serre, pour initier le réchauffement constaté. Or la durée moyenne de vie du gaz carbonique dans l'atmosphère, avant en particulier qu'il soit réutilisé par les plantes, ou dissous dans l'océan, est de l'ordre du siècle. S'il y a production continuelle de gaz carbonique, comme c'est le cas actuellement à cause de notre utilisation grandissante des combustibles fossiles ( pétrole, gaz naturel et de plus en plus charbon), il va donc s'accumuler dans l'atmosphère, ce qui est bien ce qu'on observe, et la température va continuer d'augmenter.
Les climato-sceptiques, de moins en moins nombreux, ne nient pas les augmentations de température, ni celles des teneurs en gaz carbonique, mais prétendent que les augmentations de température sont dues à d'autres causes que l'augmentation de la teneur en CO2 (et d'autres gaz à effet de serre comme le méthane ou l'oxyde nitreux), ou bien que les augmentations des teneurs en gaz à effet de serre ne sont pas dues à l'activité humaine. Ce qui revient à dire qu'il s'agit là d'une calamité de la nature dans laquelle nous n'avons aucune reponsabilité. S'il y a sans doute parmi eux quelques scientifiques sincères, qui ne sont pas convaincus par les travaux de la très grande majorité des climatologues, qui démontrent au contraire la responsabilité humaine dans le phénomène, il y en a aussi sans doute qui cherchent à attirer l'attention sur eux en défendant des positions paradoxales.
Le phénomène de réchauffement a une grande inertie, car la Terre et encore plus l'Océan, ont une très grande capacité thermique. Ce qui veut dire que l'homme de la rue ne pourra constater, de manière indiscutable selon ses critères, les effets sur le climat des émissions de gaz à effet de serre (GES) actuelles, que dans une trentaine d'années. Pire, l'essentiel des émissions a lieu dans des pays où l'évolution du climat aura moins d'effets très visibles qu'ailleurs. C'est ce qui rend la situation actuelle dangereuse: ayant l'impression que malgré ce que les scientifiques lui disent,il ne se passe rien, et aimant le discours des climatosceptiques (car un discours qui vous explique que vous n'avez aucune responsabilité est toujours plus apprécié qu'un discours qui vous culpabilise), il en conclut qu'on le mène en bateau, pour des questions d'intérêt (lobbys, manipulations politiques, scientifiques malhonnêtes, etc..), et qu'il ne voit donc aucune raison de changer de comportement!
Pourtant, les effets du réchauffement sur la planète peuvent être catastrophiques avant la fin du sciècle si l'on en croît les spécialistes du climat. Ces effets sont par exmple une montée du niveau des océans qui, aux dernières nouvelles, pourrait atteindre un mètre, détruisant une bonne partie des zones côtières et des villes portuaires (y compris en France) une accentuation des périodes chaudes et sèches dans les régions déjà sèches ( pourtour Méditerranéen par exemple) mais aussi des périodes très pluvieuses là où il pleut déjà beaucoup, créant des inondations à répétitions, un afflux de réfugiés climatiques dans les pays du Nord etc.. Certains comme Hansen sont très alarmistes et prétendent que l'on est proche d'un point de non-retour, c'est-à-dire d'une accélération, due à la saturation des phénomènes de rétroaction qui à l'heure actuelle servent de tampons, telle que la dissolution du gaz carbonique dans l'océan. Hansen demande des actions rapides et énergiques au gouvernements, comme en témoigne la lettre qu'il vient d'envoyer à Obama.
http://www.columbia.edu/~jeh1/mailings/ ... _Obama.pdf